aux quat' Sardines

une galerie atelier qui porte le nom d'une plage concarnoise dans un espace livresque maritime coloré et surtout convivial. Des artistes locaux y exposent, on y rencontre aussi des auteurs pourvu qu’ils soient un peu voyageur ou marin ou gourmand.

16 mars 2013

Péripéties d'un breton en eaux tropicales

ou l'Odyssée du chalutier Aurore. Il y a cinquante et un an le 16 mars 1962 la presse locale annonce en gros titre: « Un chalutier Etellois fait naufrage sur la côte d’Afrique au  Nigéria »

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C’est le patron Yves Mestric de Névez qui a accompli cet exploit.

Dans les années 1960 les nouvelles unités construites pour la pêche sont alors des coques acier, les anciens chalutiers en bois sont dépassés techniquement c’est une nouvelle vie qui va commencer pour eux. L’Aurore est de ceux-là son propriétaire a décidé de l’exploiter sur la côte Occidentale d’Afrique notamment au Nigéria.

En Novembre 1961 des travaux sont confiés au chantier Querrien de Concarneau pour que la coque  en bois soit entièrement recouverte de plaques de cuivre une façon d’écarter les tarets ces parasites marins du bois qui affectionnent les eaux tropicales.

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Le 26 novembre 1961 le chalutier appareille sous les ordres du patron Yves Mestric a destination de Lagos au Nigéria. Un premier contrat de six mois  a été signé pour assurer le démarrage de l’exploitation. Depuis son arrivée sur place l’Aurore son patron Mestric et un équipage d’africains chalutait sur les fonds sablonneux du golfe de Guinée avec une pleine réussite.

En ce début de mars 1962le chalutier est en pêche à environ 50 milles dans l’Ouest du port de Lagos il subit depuis quelques temps l’assaut d’une forte houle telle que celle qui déferle sur ces côtes très plates sablonneuses et inhospitalières des rouleaux énormes s’abattent sur les plages mais c’est aussi une zone très poissonneuse.

Toujours à la limite, toujours plus près, pas beaucoup de moyens de contrôle de la position dans ces régions ou les phares bouées et balises sont quasiment inexistants le chalutier dans un dernier sursaut fait  «côte».

Le patron et son équipage après bien des difficultés vont réussir à gagner la plage ballottés par les rouleaux, mais indemnes.

 En quelques instants le malheureux Aurore est broyé et disloqué par les vagues déferlantes.

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L’endroit est désert et les secours... il faut aller les chercher; c’est ce que fera le patron Mestric. Une seule solution repartir vers l’EST vers Lagos en suivant la côte par la plage. Un seul inconvénient  Lagos est à au moins 90 Km !!

Il lui faudra trois jours complets pour réussir se nourrissant uniquement de fruits trouvés sur le haut de la plage. Exténué à l’arrivée à Lagos son premier geste sera de télégraphier en Bretagne pour rassurer les siens, raconter son odyssée et avertir les autorités pour l’équipage.

(recherches JM Robert)

Posté par 4sardines à 06:17 - HISTOIRES MARITIMES - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Péripéties d'un breton en eaux tropicales

  • Je ne connaissais pas non plus ces aventures ! africaines et bretonnes !

    Posté par Bbuissonnière, 22 mars 2013 à 11:03 | | Répondre
  • Oui Bbuissonnière, les ports de Concarneau avec la pêche aux thons, de Douarnenez de Camaret avec la langouste au large de la Mauritanie ont vécu de fructueux échanges avec l'Afrique. Les rotations d'équipages à bord de la compagnie Air France à destination de Dakar ou d'Abidjan ont laissé dans les années 70/80 de mémorables souvenirs. Armateurs, marins, affairistes ont bénéficié de l'Eldorado ouest africain. A cette époque dans les intérieurs bretons des maisons de pêcheurs de Névez ou de Trévignon: l'artisanat tropical avec tableaux en ailes de papillons et mobiliers en bois exotiques...

    Posté par 4sardines, 26 mars 2013 à 18:12 | | Répondre
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