aux quat' Sardines

une galerie-atelier qui porte le nom d'une plage concarnoise dans un espace livresque maritime coloré et surtout convivial. Des artistes locaux y exposent, on y rencontre aussi des auteurs pourvu qu’ils soient un peu voyageur ou marin ou gourmand.

21 novembre 2014

La sardine fait son marché

 

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un délice de poissons fumés, un assortiment de saumon thon et lieu que l'on peut trouver sur le marché hebdomadaire du vendredi à Concarneau. Les goûteurs sont unanimes: point trop de gras et juste assez de goût boisé pour relever une eventuelle patate accompagnatrice. Françoise Buisson, l'auteure concarnoise de livres de cuisine me confirme qu'il s'agit bien des fumaisons artisanales d'un gastronome haut en couleurs. Quand Atto Dossena nomme  sa guinguette "Oradukai" (facétie qui interpelle), sur la rive droite de Doëlan, on imagine un sens  de la convivialité et des saveurs généreuses.

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16 novembre 2014

à l'horizon de la baie de la Forêt

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Choisir les Glénan comme sujet de peinture est une double évasion, celle de l'artiste qui pour s'imprégner du tracé des îles doit quitter le cloisonnement de l'atelier, embarquer pour quelques milles et se laisser éblouir par la magie des lieux, celle du collectionneur dont la quête est déjà un voyage, qui en offrant à la vue de tous sa patiente récolte transporte le visiteur au coeur de l'archipel.

Alain Mercier présente pour la première fois sa collection à la Galerie de l'Hôtel de Ville du 14 novembre au 20 janvier 2015.

alain-mercier

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13 novembre 2014

de Concarneau aux Terres australes

La langouste abondante dans les parages inhospitaliers des Kerguelen en ocean indien est convoitée à la fin des années 20 par la société La Langouste Française dirigée par les frères Bossières armateurs du Havre; ceux-ci engagent du personnel de la région de Concarneau chargé d'entretenir l'atelier de conserve pour la campagne de 1929 sur l'île Saint Paul, partie immergée d'un volcan inactif de seulement 8km2. Là seront oubliés six bretons dont une femme et un malgache, l'affaire fait grand bruit à l'époque mais aucune suite ni indemnité ne viendront soulager la peine des survivants qui seront doublement oubliés à leur mort. Une association concarnoise se souvient de ce drame, une commande de plaques commémoratives réalisées par l'artiste Jean Lemonnier scupteur peintre de la Marine honorera leur mémoire.

en Mémoire des Oubliés de l'île Saint-Paul

 

oublies-ile-Saint-Paul

 

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03 novembre 2014

Donnez-leur du thon !

Histoire-de-la-pêche-au-thon

 le Télégramm:e l'histoire de la pêche au thon dimanche 9 novembre au Strerenn à Trégunc.

conferences-tregunc

  

la sardine n'est pas sectaire...tous à la conférence 

thons-1sardine

 

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01 novembre 2014

Etat critique...

parfois des situations semblent inextricables. 

Quizz-des-pattes-d-ancres

dans ce salmigondis de fer et de liens, amas gordien,  Alexandre se serait casser la lame !

 parfois un peu d'observation, de patience de recul de concertation et de bonne volonté peuvent amener à repenser le problème, et le résoudre ?

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29 octobre 2014

Baignade tardive en cette fin octobre

plagemarin-sireneparasol

à Concarneau... bravo aux courageux ! avant d'enfiler le ciré ?

panier

 

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20 octobre 2014

Concarnoiseries

Sous l'oeil du Beffroi - annexe 4 et fin par José le Goff

Quelques commerçantes indispensables à la vie du port étaient aussi très estimées et respectées : les boulangères et les dames tenant des «Alimentations générales.» Le bar et le gwin ru en somme! Traduisez le pain et le vin  rouge quoi. Respectées aussi,  les couturières chez  qui l’on prenait son tour aussi bien pour les pantalons bleus du mari que pour une belle robe à l’occasion d’un mariage car les boutiques de prêt-à-porter étaient rares et leurs produits hors de prix. L’on portait de moins en moins l’habit traditionnel pourtant les  empeseuses de coiffes et  les repasseuses, 2 métiers qui disparaissaient,  étaient aussi très courtisées et appréciées.  

Mais le temps défile alors que je voulais encore vous parler de quelques autres genres de femmes vraiment typiques de chez nous. Les Maries-pipissik, les  coureuses, les commères et j’aurais pu aussi vous parler longtemps des patronnes de bistrot, ces personnages  féminins emblématiques de nos ports. Nous en avons tous connues, Elles sont ancrées dans nos mémoires et j’ai décris longuement certaines d’entre elles  ainsi que quelques autres femmes caractéristiques de notre ville dans le livre que voici.

charles cottet cabaret 1893

musée des Beaux-Arts de Quimper (col permanente)

Il s’intitule «Sous l’œil du beffroi» mais je pensais d’abord l’appeler De fort vieilles concarnoiseries car il en est rempli! Je voulais  même le signer Jos Vouldir, Ce qui aurait été un  clin d’œil aux lecteurs  car c’est vrai que parfois j’ai pas mal osé surtout quand je relate fidèlement des conversations de bistrots, des anecdotes un peu poivrées  et des blagues pas piquées des hannetons! C’est que le franc-parler était d’usage et que l’on ne pratiquait pas la langue de bois  chez nous en ces temps-là! Cet écrit de mémoire est principalement centré sur les années Allant de 45 à 85 mais parfois j’ai dû reculer plus dans le temps car, par exemple, l’on ne peut pas  expliquer le port et l’expédition du poisson sans expliquer la venue du train chez nous. En restant le plus possible en arrière-plan, j’ai mélangé ma mémoire à ce que je considère être celle de ma ville, son passé, que je préserve et entretiens dans un coin de ma tête.   Refaire émerger tous ces souvenirs, les ordonner, les écrire a été un travail purement personnel qui m’a pris environ 2 ans. Cependant je précise que le livre a été édité avec l’aide des 2 associations citées dans les préfaces  et que je remercie sincèrement, elles m’ont surtout épaulé pour finaliser mon challenge, soit trouver un éditeur, ce qui est parfois très dur pour un auteur. Dans les 320 pages de texte je conte la vie concarnoise, des historiettes, j’explique des surnoms, j’évoque les usines, les ateliers de marée, le port, ses quais avec ses ateliers d’entretien naval, ses criées et ses  bassins sans cesse animés par notre  belle et imposante flottille chalutière d’alors. Une véritable armada en ces temps! Mais je n’ai pas oublié les loisirs, les salles de danse, les dancings, les boîtes de nuit et évidemment les jolies concarnoises du moment! Et comme Sophie m’avait demandé de parler des femmes, je clos ce chapitre en leur rendant hommage.

Femmes, souvenez-vous, l’ardeur de vos vingt ans,

Béguins vite oubliés pour des passions fidèles, Qui vous illuminaient en vous rendant si belles,

Que vous resplendissiez en ces étés brûlants! ...

L’amour que vous portez résiste au temps qui passe, Et, De cet amour fou, jamais on ne se lasse!

Même s’il se tempère avec les cheveux blancs, Il vous sublime tant, que malgré tous ses ans,   

Vous demeurez nos muses, nos belles égéries, nos intenses passions, nos petites folies!

Vous restez nos  Vénus, vous restez nos soleils,  vous restez nos printemps! …

Carl-Moser-pen-sardin-n119

(Carl Moser - "Badende Bretonin")

Les nombreux clichés, une bonne centaine  dont beaucoup d’inédits qui agrémentent les textes vous surprendront, j’en suis sûr. Alors si vous voulez faire travailler votre mémoire,  revivre ou vous imaginer les 40 glorieuses dans notre ville bleue, faites-vous plaisir, offrez-vous «Sous l’œil du beffroi,» je suis sûr que vous serez étonné en découvrant les photos et les quelques plans que ce bouquin contient et  en parcourant les textes déjà qualifiés de très intéressants par les journalistes!  Allez, j’ose le louanger,

«Sous l’œil du beffroi» est un  bouquin qui mérite sa place dans votre bibliothèque surtout si vous aimez les ports et leur ambiance, vous pouvez même l’offrir  à un ami pour une occasion  avec la quasi-certitude de ne pas le décevoir! … J’en ai terminé  avec ma pub pour mon bouquin et mes amis des associations, j’espère ne pas avoir été trop maladroit. Une dernière précision  cependant. Pour ceux qui n’aiment pas la poésie et il y en a, «Sous l’œil du beffroi» ne contient pas un seul alexandrin. Le thème ne le justifiait pas! Néanmoins, les fous de poésie en trouvent partout, un marin poète la trouve en admirant un voilier, un amateur de bon vin peut même la trouver en voyant des verres pleins de boissons diversement colorées alignés sur un zinc! Alors peut-être que des lecteurs trouveront un peu de poésie dans certaines de mes phrases et pourquoi pas  dans celle où j’emprunte la faconde et la verve très familière des Concarnois. Notre langue verte en quelque sorte, celle utilisée dans les bistrots et sur les quais! ...

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D’ailleurs dans les années que je vous conte, le «politiquement correct» n’existait pas et à vrai dire, dans les endroits que je vous cite, les Concarnois n’ont jamais fait beaucoup d’effort pour le faire entrer dans leurs conversations. Le parler populaire dominait tout en ce temps là! …

Ah, cet argot concarnois qui arrivait  avec ses mots simples, crus mais rigolos à rendre agréable les dures tâches que je viens de vous décrire. Un seul exemple :

Durant une corvée Des petites filles d’usines s’écartent pour pipeletter s’octroyant une pause en douce.

Une contremaîtresse exceptionnellement rigolote et sympa les surprend et les houspille en souriant:

«Allez les petites, vous n’allez tout de même pas rester là à couillasser toute la journée!»

Vous pourrez feuilleter tous les dictionnaires, je pense que  vous ne trouverez jamais le verbe «couillasser!» Mais toujours est-il que formulée ainsi la remarque passe, tout le monde s’esclaffe et reprend le boulot de plus belle ! …C’était ça aussi les métiers des femmes d’antan !

Je termine en m’adressant une dernière fois aux dames car cet exposé leur était dédié.

Mesdames soyez rassurées, j’ai enquêté en douce, le Concarnois n’est pas misogyne! Tout au contraire je peux vous garantir que vos maris vous adorent et vous admirent secrètement en leur for intérieur.

Seulement, ils sont si bravaches, allez, disons-le carrément en plaisantant, un peu grandes gueules, qu’ils se croient toujours obligé de lancer en société  et en votre présence des plaisanteries vous concernant et ces moqueries construites en concarnois du cru ne sont pas toujours du meilleur goût et vous irritent parfois. Alors, un conseil, mesdames, répliquez sur le même ton et avec les mêmes mots!

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Ça mettra de l’ambiance dans le bourg comme on dit à Beuzec! …

Je ne vous vois pas mais je devine que vous devez écarquiller les yeux en vous disant :

Ce José n’est pas pour la paix dans les ménages!

Tranquillisez-vous, je blague car je veux faire d’une pierre deux coups. En effet S’il vous prenait vraiment l’envie de remettre votre mari en place  de temps en temps quand vous trouvez  qu’il pousse quand même un peu trop loin le bouchon  et que vous soyez en panne de réplique, achetez mon bouquin! Vous y trouverez tout un choix de réparties  que lançaient les marchandes de poissons orfèvres en la matière!...

Ah, les marchandes de poissons, une profession de femmes que j’avais oubliée dans mon énumération des métiers et qui est respectée malgré ou  plutôt peut-être grâce à son répertoire  largement fleuri! ... C’est que tous leurs contradicteurs craignaient et craignent encore une réponse ajustée et bien emballée!...

Voilà, avec cette conclusion j’aurais peut-être réussi à vous faire sourire et à vous intéresser à ma littérature qui s’écarte quelquefois des sentiers battus de la prose lisse et conventionnelle!…

 

 

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17 octobre 2014

sous la criée

Sous l'oeil du Beffroi - annexe 3 par José le Goff

Après la guerre, dès que le mareyage s’amplifia certaines femmes d’usines trouvèrent des places mieux payées dans les magasins de marées. Passer des vapeurs moites des usines au froid glacial de ces ateliers ne les rebuta pas et elles se révélèrent très adroites pour emballer en les rangeant parfaitement les langoustines et les poissons de petites tailles dans des caissettes, devenant  Plus tard des fileteuses hors pair. A cette même époque une nouvelle profession féminine allait  grossir et s’imposer: les trieuses de poisson, qualifiées professionnellement ouvrières poissonnières mais plus familièrement appelées dans le monde des quais, les femmes dockers.

 

Selon le nombre de caisses qu’annonçait ramener dans ses flancs le chalutier, un certain nombre de femmes étaient embauchées pour le tri de sa pêche. Il n’a jamais été établi d’échelle dans la pénibilité des métiers  de femmes mais celui de femme-docker aurait sûrement eu sa place en haut de la liste. Elles commençaient à minuit tapant. Des employés de la chambre de commerce leur avaient monté de longues tables en bas des criées. Toutefois mis à part le fait  qu’elles étaient à  peu près à l’abri de la pluie, c’était comme si elles travaillaient dehors car à l’époque les criées restaient toujours grandes ouvertes. Elles se tenaient debout derrière ces larges tables sur lesquelles les hommes chaviraient le contenu de grands paniers qu’ils remontaient débordant de poissons des cales. Elles devaient trier ces quantités impressionnantes de poissons et les déposer par espèces et par tailles dans des caisses disposées derrière elles. Au fur et à mesure qu’elles triaient,  si elles n’avaient plus de poisson sous la main, elles en ramenaient vers elles   en puisant dans les tas «virés» sur la table par les hommes dockers. Pour cela elles effectuaient un grand geste demi circulaire en s’aidant d’une planchette  simple ou pointée au bout d’un petit manche si le tas des captures n’était plus tout à fait à leur portée. Demi-tour aussi pour déposer le poisson trié dans les caisses appropriées. Travail physique,  éreintant, constitué d’une foultitude de gestes répétitifs  et de rotation sur soi qui mettaient les hanches de ces courageuses à dure épreuve. Alors imaginez-vous triant le poisson mêlé à la glace remontée en même temps des cales dans une rigoureuse nuit d’hiver avec le vent d’Est mordant qui  vous fouette les visages en s’engouffrant sous les criées et vous avez une petite idée de la rudesse de ce job. Elles se couvraient, bien sûr,  fichu ou vieux chapeau sur la tête, pulls, vestes, châles, pantalons, chaussettes, sabots de bois, gants de caoutchouc enfilés par-dessus des mitaines. Mais pernicieux, le froid réussissait toujours à glisser ses morsures. Aussi la coupure de 4 heures du matin était la bienvenue et elles sortaient la thermos. Puis c’était la reprise et ces femmes qui avaient pris en main le bateau à minuit ne s’arrêtait que quand ses cales étaient vides et tous ses apports triés. Elles se reposaient l’après-midi. Mais vers 17 heures on les voyait partir par groupes de copines et c’était l’expression,   «voir la liste.» C’est qu’alors était affichée vers leur vestiaire  les embauchées de la nuit et les bateaux sur lesquels elles travailleraient. Cette liste consultée, elles passaient sous la criée voir sur un tableau le détail des pêches des bateaux inscrits à la vente du lendemain, repérant surtout celui sur lequel elles étaient affectées.  Ainsi, elles rentraient chez elles sachant ce qui les attendait à minuit, mangeaient,  dormaient souvent un peu et à 11heures et demi l’on entendrait, signent qu’elles partaient au boulot,  le claquement de leurs lourds sabots de bois résonner entre les murs des étroites ruelles du port.

Juste après la guerre également, quelques femmes audacieuses réussirent à s’infiltrer et à s’imposer dans un métier pour  ainsi dire exclusivement masculin, le mareyage. on appelle une dame chef de cuisine la mère, exemple la mère Poulard, Ces mareyeuses furent toutes appelées par leur patronyme précédé de la mère. Elles acquirent vite la réputation de dames connaissant parfaitement leur métier, âpres au gain, n’ayant pas froid aux yeux et bosseuses jusqu’à l’excès ce qui leur permettait, du moins le pensaient-elles, d’être très exigeantes avec le personnel ; exigences qu’elles récompensaient toujours très bien, du moins, elles  s’en enorgueillissaient! Des maîtresses-femmes en quelque sorte respectables et respectées et à qui il ne faisait  pas bon se frotter car autant elles jouaient les grandes dames dans d’autres milieux, autant dans le périmètre des criées, elles avaient le verbe haut et pouvaient vous clouer le bec en deux coups de cuillers à pot dans le jargon très imagé du port!... 

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16 octobre 2014

une oeuvre, une épopée maritime...

A partir des années 50 les bretons vont devoir partager avec les basques les eaux territoriales sénégalaises pour l'exploitation du thon albacore. Le Marcelle-Yveline CC3123 est le premier germonier concarnois à descendre à Dakar en janvier 55. A son bord un équipage pose fièrement pour la postérité. 

Marcelle-Yveline-CC-3123 

Pierre le Guern, René Martin, Armand Gourlaouen le patron (qui tient une petite otarie sur le bras), François olivier le chef mécanicien, Marc Tanguy et Yves Massé. Accroupis André Cadiou, Lucien Olivier et Pierrot Marrec.

Marcelle-YvelineCC-3123-equipage 

(photos Jean-Michel Robert)

Michel Violant propriétaire de l'Hôtel Kermoor à Concarneau fait revivre avec son talentueux coup de pinceau les couleurs du passé. L'huile sur panneau 98/78 sera mise aux enchèches au profit d'une oeuvre de bienfaisance par le Rotary de Quimper le 12 décembre de cette année, l'argent récolté pourvoira à l'équipement d'une personne aveugle. L'information nous a été transmise par José le Goff lui-même non-voyant.

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vue de la côte basque, cette même épopée à la pêche tropicale qui fut déterminante pour le port de Concarneau, racontée par Mikel Epalza - Altxa Mutillak magazine des jeunes pêcheurs basques, Association Itsas Gasteria.

 

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15 octobre 2014

les ouvrières

Sous l'oeil du Beffroi - annexe 2 par José le Goff

Evidemment,  toutes les femmes de nos ports n’étaient pas femmes de marins.

En Bretagne Nord certaines trouvaient du travail chez des ostréiculteurs. Chez nous, les nombreuses conserveries implantées   depuis la fin du dix neuvième siècle embauchaient une très importante main d’œuvre féminine hétéroclite. Des femmes dont le mari travaillait sur le port ou dans les usine, des veuves de marins dont la pension ne suffisait pas à faire «bouillir la marmite,» des épouses de matelots embarqués sur des rafiots cumulant les avaries ou les petites pêches, des femmes de  calfats, de charpentiers de  marine, de mécanos navals embauchés dans des ateliers à terre, des épouses de maçons, de  plâtriers, de couvreurs et même d’artisans divers ; et comme l’école n’était obligatoire que jusqu’à 14 ans, règlement assez souvent bafoué d’ailleurs, Beaucoup de très jeunes filles qui écopaient des lourdes besognes de servitude. Toute une hiérarchie dans ces usines. Au dessus de ces très jeunes filles appelées les «petites filles d’usines,»bourdonnait la masse  jacassante et chantonnante des ouvrières.

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Le lavage des sardines, 1913 [Agence Rol]

On a beaucoup  glosé sur ces dames et leurs chansons en les idéalisant. Certes les femmes étaient belles et leurs chansons jolies et Je ne jouerais pas les rabat-joies en affirmant qu’elles chantaient  surtout pour se donner du courage au travail et en oublier  sa pénibilité le temps d’un refrain et de quelques couplets. Evidemment, minoriser cette dure activité en écoutant  béats les paroles gentillettes de quelques vielles chansons retrouvées ou en admirant des cartes postales sur lesquelles des ouvrières triées sur le volet et mises en scène posent détendues en coiffe d’artisane dans un environnement propret est très folklorique.

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alfred guillou - Les sardinières de Concarneau (1896, musée des beaux-arts de Quimper).

Mais attention à ne pas retenir du passé qu’un côté un peu angélique, à ne pas mystifier la mémoire car les conserveries n’étaient pas des  cafés concerts ni des music-halls et  la vérité était quand même bien autre. En effet, dans les usines, des vapeurs émanant des autoclaves et des effluves de poisson flottaient en permanence sur les lieux de travail, c’est-à-dire partout. Cette moiteur, ces relents imprégnaient tout, collait à la peau, se mêlaient à la sueur des ouvrières qui, payées au rendement, transpiraient en s’échinant à leurs tables de travail telles des forcenées. C’est que si de petites spécialités pas trop épuisantes étaient réservées à quelques dames assez âgées, la majorité de ces femmes, étêtait la sardine,  la déboyautait, apprêtaient les bonites ou les gros thons germon, coupait des filets dans leurs flancs, les tranchait ou émiettait des entâmes mettant chaque jour des quantités énormes de poisson en boîte du lundi matin très tôt  au samedi soir  très tard, osant juste jeter de temps à autre un regard furtif vers la pendule. Travail pénible et harassant qu’elles exécutaient dans des conditions rudes et déplorables, sous l’œil vigilant de contremaîtresses implacables à qui rien n’échappait. Ah, ces contremaîtresses appelées «commises» et surnommées «peaux de vaches!» Les «petites filles»  héritaient de toutes les corvées et devaient  en plus  supporter très souvent les sarcasmes grossiers et même parfois les gestes déplacés d’un personnel masculin rustaud. Ces goujats ne se hasardaient pas autour des ouvrières, qui gouailleuses, avait de la répartie et le geste  vif et bien ajusté s’il le fallait! … Les femmes des gérants et des comptables étaient surnommées des «Madamig,» traduisez petites Madame, par  les ouvrières qui,  coincées sur leurs chaînes  d’emboîtage dans les odeurs de poisson cuit pour gagner une misère, savaient que celles la, après s’être bien pomponnées, parfumées et  chapeautées, s’en iraient le portemonnaie bien rempli «faire les belles» au marché.

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Alfred Guillou

L’occupation principale, on pourrait presque dire, le devoir, de la femme de l’usinier consistait à mettre des héritiers au monde et selon la réussite, elle attrapait  comme surnom le nom d’une femelle animale performante ou pas question reproduction. Il arrivait qu’elle soit veuve, alors même si elle n’habitait  pas dans l’enceinte de l’usine elle y faisait une ou 2 visites surprises quotidiennes, s’entretenant avec les cadres masculins et les commises, ignorant avec suffisance tous le petit personnel. Le reste du temps, elles se muaient en dame-patronnesse et il était très difficile de discerner si elle agissait vraiment par charité chrétienne ou par calcul afin de pouvoir s’en prévaloir par la suite.

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à suivre...

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